L'expertise médicale de l'assureur : préparez-vous — elle n'est pas neutre
Par Maître David Courtillat — Avocat dommage corporel, près de 20 ans d'expérience.
Le médecin expert de l'assureur n'est pas votre médecin
C'est le point le plus important à comprendre : le médecin convoqué par l'assureur pour vous examiner travaille pour le compte de l'assureur, pas pour le vôtre. Il est rémunéré par lui, il établit un rapport qui sera utilisé par lui. Son objectif n'est pas de soigner — c'est d'évaluer.
Ce n'est pas une accusation de malhonnêteté. C'est une réalité structurelle : le médecin a intérêt à être mandaté à nouveau, ce qui passe par des conclusions qui satisfont son mandant. Les études montrent que les expertises unilatérales mandatées par les assureurs sont systématiquement inférieures aux évaluations contradictoires.
Votre droit absolu : Vous pouvez vous faire accompagner lors de l'expertise par votre propre médecin conseil. Maître Courtillat organise cet accompagnement et vous aide à choisir un médecin expert en dommage corporel.
Ce que l'expert évalue
L'expertise médicale a pour objet d'évaluer :
Le lien de causalité entre l'accident et vos blessures
La date de consolidation (stabilisation de votre état)
Le taux de Déficit Fonctionnel Permanent (DFP)
La durée et le taux d'incapacité temporaire
Les souffrances endurées (pretium doloris, coté de 1 à 7)
Le préjudice esthétique (coté de 1 à 7)
Le besoin de tierce personne
Les frais médicaux futurs
Comment vous préparer
Avant l'expertise :
Constituez un dossier médical complet : comptes-rendus opératoires, imagerie (IRM, scanner, radiographies), ordonnances, courriers médicaux
Rédigez un journal de vos douleurs quotidiennes : intensité, localisation, impact sur les activités de la journée, les nuits
Notez précisément les activités que vous ne pouvez plus faire ou que vous faites avec difficulté
Préparez la liste de vos médicaments et leur fréquence
Pendant l'expertise :
Décrivez vos douleurs telles qu'elles sont — sans minimiser par pudeur, sans exagérer
Ne dites pas "ça va mieux" si ce n'est pas exact — décrivez la réalité de votre quotidien
Mentionnez explicitement les douleurs nocturnes, les difficultés à vous habiller, à cuisiner, à conduire
Parlez des activités que vous ne pratiquez plus (sport, jardinage, sorties)
N'oubliez pas les séquelles psychologiques : anxiété, peur en voiture, insomnies, dépression
Après l'expertise : que faire du rapport ?
Vous avez le droit d'obtenir une copie du rapport d'expertise. Lisez-le attentivement avec votre avocat. Si les conclusions vous semblent sous-évaluées — et c'est souvent le cas — une contre-expertise peut être demandée.
La contre-expertise : quand et comment ?
Si les conclusions de l'expert de l'assureur sont manifestement insuffisantes (taux DFP minoré, souffrances sous-cotées, séquelles ignorées), Maître Courtillat mandate un médecin conseil indépendant. En cas de désaccord persistant, une expertise judiciaire peut être demandée au tribunal — le juge désigne alors un expert indépendant des deux parties.
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